Historique

Depuis 2004, Adrien « investit » la très belle église de Sainte-Croix-En-Jarez avec une crèche qui grandit au fil des Noëls pour atteindre aujourd’hui 45m².

Retour sur l’aventure de ce garçon de 24 ans qui fait briller chaque année les yeux de milliers de visiteurs, petits et grands dans l’église de la Chartreuse.

Aussi loin qu’il se souvient, Adrien a toujours été fasciné par les crèches. Tout enfant, il aimait accompagner sa mère chez les frères maristes de l’Hermitage. Là il pouvait rester des heures, souvent tard le soir, à admirer le frère Bonaventure qui, chaque année, ressortait santons et décorations pour construire la crèche du sanctuaire

Chez lui, comme dans beaucoup de familles, il a ainsi commencé très jeune à se charger de la crèche familiale qui, comme lui, a grandi au fil des années. Elle a fini par faire 4 m², ce qui ne manquait pas de poser quelques problèmes d’encombrement dans le salon…

Le déclic est venu lorsque un paroissien du village, ayant vu cette crèche, lui demande de la photographier pour le bulletin municipal et, devant les réactions admiratives de la population, lui suggère l’année suivante de changer de lieu :

Adrien va donc passer carrément de son salon à l’église de son village, avec bien sûr l’accord (et même la « bénédiction ») des responsables de la paroisse !

Il a 16 ans lors de sa première réalisation présentée au public.

Il installe un modeste plateau de 6m² devant l’autel et propose aux visiteurs sa crèche provençale : des santons de 15 cm, un décor qu’il aménage avec des maquettes qu’il réalise tout au long de l’année, une installation électrique encore assez rudimentaire et un « monnayeur » qu’il a récupéré en piteux état.

D’année en année, l’installation prend de l’ampleur la surface de la crèche s’agrandit progressivement, les personnages et les décors sont de plus en plus abondants et variés, des amis viennent aider notre « chef d’orchestre » et le public se presse de plus en plus nombreux, tandis que les médias s’intéressent à ce projet un peu fou.

C’est en 2007 qu’Adrien fait connaissance avec Nicolas Siegel, il va lui proposer de monter sa crèche en l’agrémentant d’un son et lumière. C’est à ce moment précis que la réalisation prend un style hors du commun.

Même les ressources les plus « branchées » de la technologie sont utilisées bande-son originale réalisée avec des logiciels professionnels, animation des décors avec des automates préprogrammés et pilotés par ordinateur.

C’est alors qu’en 2008, plus de 4000 visiteurs viennent à Sainte-Croix et certains dimanches, la queue s’allonge jusque devant l’église,

Au fil du temps, Adrien est devenu un vrai passionné des crèches : il rencontre en France et même à l’étranger des collectionneurs et des spécialistes qui l’encouragent à poursuivre ses recherches.

En 2009, Il découvre 11 santons anciens en cire, en assez mauvais état. Au carmel d’Avignon, où les sœurs depuis très longtemps fabriquent des santons, on s’aperçoit que les moules anciens vont permettre de parfaitement réparer les parties endommagées et cette découverte fait donc prendre un nouveau départ à la crèche de Sainte-Croix qu’il faut complètement transformer pour qu’elle s’adapte à ces nouveaux personnages de 60 cm de haut.

En 2011, une association est née pour gérer la mise en place et les visites de la crèche dans des conditions optimales.

Un peu à l’étroit dans sa petite chapelle, la nouvelle crèche s’étend maintenant sur plus de 45m2 dans le chœur de l’église.

Pour fêter cette renaissance, Monseigneur Dominique Lebrun, évêque de Saint Etienne et venu le 6 décembre bénir la crèche. Un groupe d’amis d’Adrien, issus du groupe folklorique provençal était là pour animer l’après-midi avec costumes, musiques, chants et contes de Noël. Puis chacun a partagé son ressenti autour d’un chaleureux verre de l’amitié avec goûter offert et servi par le personnel de l’Hermitage.

Couronnée par un tel succès avec pas moins de 10,000 personnes qui se sont pressé aux portes de l’église pour venir voir la suite de cette aventure.

Pour Adrien, menuisier ébéniste de son état, cette crèche s’est sans nul doute une fierté mais aussi le résultat de près de 350 heures de travail, d’investissement, d’installation qui démarre dès début octobre. Pour aller encore plus loin dans sa passion, le jeune homme a même entamé une formation avec un artisan santonnier et compte bien à terme fabriquer lui-même ses santons. Résultat, une splendide crèche pour un lieu qui ne l’est pas moins. Quand au « hasard », censé être à l’origine de tout ça, certains ont l’habitude de penser que « ce n’est rien d’autre que Dieu qui prend un pseudonyme ! ».

Jean-Claude DUVERGER,
Président de RCF St Etienne